Musée de la Vie wallonne

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Focus

"Connaissez-vous Janine Robiane?"

Janine Robiane

Coquette, fantaisiste, sentimentale, pensionnaire de l’ancien Théâtre Royal du Gymnase de Liège pendant 35 ans : c’est Janine Robiane.

Evènement ! Octobre 2017 : Marcel Conradt, auteur de plusieurs ouvrages sur le patrimoine culturel et théâtral liégeois, dont le dernier consacré à Janine Robiane[1], cède au Musée de la Vie wallonne de Liège, un Fonds d'Archives impressionnant sur cette comédienne. Celui-ci est composé d'une dizaine de boîtes, comprenant : des centaines de photographies publiques (dont quantité d'instantanés pris lors des représentations théâtrales) et personnelles; des carnets confectionnés par la comédienne, reprenant presque toutes les coupures de presse relatant les spectacles, au Gymnase, auxquels elle avait participé; des scripts annotés et corrigés ; des dessins et notes de mise en scène ; des courriers échangés avec sa marraine, Berthe Bovy, grande dame du Théâtre belge, mais aussi avec son amie, la comédienne française Pauline Carton ; des notes personnelles ; ses premiers cahiers de diction ; ses cours du Conservatoire ; de très nombreux programmes de théâtres ainsi que des affiches, … Le reflet d'une vie et d'une époque ! L'inventaire de ce riche Fonds d'Archives est en cours et bientôt consultable sur le web http://collections.viewallonne.be/

Janine Robiane ?

Née le 23 avril 1920, à Liège et décédée le 02 février 2011, à Liège, Janine (ou Janot) Paque, aura vécu les meilleures et les plus tristes heures du Théâtre Royal du Gymnase, qui fut longtemps Le théâtre de Liège, jusqu'à sa fermeture en 1975. Elle y aura joué tout ce qu'une comédienne peut rêver de jouer : du drame à l'avant-garde, en passant par la comédie ; de l'ingénue à la femme fatale en passant par la mère de famille ou la fantaisiste.

Mais si la période du Gymnase est très importante dans la vie de cette comédienne – elle y aura passé 35 années (!) avec de temps en temps, un saut à Bruxelles; un autre en Allemagne, où elle fait une tournée pour la « Belgian E.N.S.A Welfare » en jouant dans une revue pour les soldats (quelques mois en 1945-46) ; à Vichy, où elle fait quelques « saisons d'été » enthousiastes (de 1950 à 1954) ; au Congo alors belge (1958) – et, plus tard, metteur en scène et professeur d'art dramatique à l'Académie Grétry d'abord, au Conservatoire de Liège ensuite (de 1964 à 1986), on ne peut résumer, la vie de cette personnalité passionnée qu'à cela.

Janine Robiane découvre le théâtre dès l'enfance grâce à son grand-père, Frédérick Issertedt, régisseur et comédien wallon. Adolescente, elle entre à l'Académie Grétry où elle suit des cours de déclamation. Elle avait alors déjà du métier, ayant joué déjà dans de nombreuses troupes d'amateurs. Remarquée lors de son concours par Julien Truyen, directeur du Théâtre du Gymnase, elle y signe son premier contrat le 25 octobre 1940. Son Premier Prix de Conservatoire de Liège en poche, elle part à Bruxelles où elle restera au Théâtre du Vaudeville jusqu'en 1944. Elle emprunte le nom de scène de Janine Robiane en 1943 : celui-ci fait référence à une tragédienne du 19e siècle. Elle revient au Théâtre du Gymnase en 1946 et y reste jusqu'à la fermeture définitive du théâtre en 1975.

Le Gymnase n'est plus. Voici les Comédiens associés, qu'elle fonde avec Andrée Goffinet au Trocadéro où elle joue et met en scène jusqu'en 1986. Elle préside ensuite les activités des Comédiens associés, et participe aux réalisations des Comédiens wallons, affectionnant tout particulièrement la langue wallonne. Robiane, en effet, parlait le wallon, comme ses parents, lesquels étaient des amis de Théophile Bovy (l'auteur du Tchant dès Walons dont la fille, l'illustre comédienne liégeoise, sociétaire de la Comédie française, Berthe Bovy devint sa marraine de théâtre…

Doyenne des comédiens liégeois, elle aura connu une carrière de 50 ans sur les planches ! A travers 600 rôles et de nombreuses mises en scène.

Elle fut, parmi bien d'autres choses encore, aussi la voix éraillée s'écriant en wallon « Dji n'a pu må mès rins ! » dans une publicité inoubliable pour le magasin « Paradis du Matelas » en 1990 et joua, en 1995, dans « La Promesse » des frères Dardenne.

Elle reçut plusieurs prix dont le Premier Prix de Conservatoire de Liège - Prix de la Consécration en 2005 - Prix des Critiques wallons en 2002 - Prix du Mérite wallon en 1995.


Gérard le Paige

[1] Marcel CONRADT, Janine Robiane : 50 ans de théâtre, Editions de la Province de Liège, Liège, 2017, 219 p.

: En tournée pour la « Belgian E.N.S.A. Welfare »
En tournée au Congo alors belge (1958).
Avec Pauline Carton (au centre) et René Rongé (à droite)
Janine Robiane
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