Métiers d'art

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Expositions

Du 27 août au 23 octobre, l'expo « Lutherie – Compagnonnage & Transmission » s'installera à la Maison des Métiers d'Art.

Renzo Salvador à gauche et Jacques Magnette à droite

Il y a deux ans, afin d'aider à la pérennisation des Métiers d'Art, la Province mettait en place des formations, sous forme de compagnonnage, dans les ateliers de deux maîtres d'art : un luthier baroque et un facteur de clavecins. L'exposition « Lutherie – Compagnonnage & Transmission », qui marque la rentrée de la Maison des Métiers d'Art de la Province de Liège, est dédiée aux réalisations de ces deux Maîtres d'Art que sont Jacques Magnette, facteur de clavecins, et Renzo Salvador, Luthier baroque, ainsi que celles de leurs apprentis (Eric Delvaux, Caroline Lambert, Lionel Baumans et Xavier Fraipont | Bernard Zonderman, Cédric Lambert, Aurélien Goux, Antoine Willemet, Julien Mercenier, Bertrand Dubois et Patrick Piroton).

L'expo s'inscrit dans les activités du "Parcours d'Artisans". Pour l'occasion, des démonstrations et des initiations à la lutherie et la facture instrumentale seront proposées au public les 11 et 12 septembre 2021.

Jacques Magnette – Facteur de clavecins

" Maître artisan facteur de clavecins, jour après jour, dans mon atelier, je construis ces instruments merveilleux. Je scie, je rabote, je polis chacune des pièces qui s'uniront pour faire chanter le clavecin. Tout est fait ici à l'atelier, comme au temps jadis. Pas d'industrialisation, pas de série, juste l'intelligence de la main guidée par quelque chose de supérieur.

Les premiers clavecins, construits vers 1500, ont évolué durant trois siècles pour finir malgré tout oubliés, détrônés par le piano. Ils se construisaient dans un atelier dirigé par un maître entouré de nombreux artisans. Les plus célèbres font rêver les connaisseurs : Hemsch, Grimaldi, Mietke, Broadwood… La dynastie des Ruckers, installée à Anvers, a construit les instruments les plus prestigieux, les plus renommés et les plus souvent copiés.

Après cinq ans de formation près d'Anvers, j'ai découvert l'atelier d'un artisan à Amsterdam. Une belle rencontre, riche de savoirs généreusement partagés. Mon travail a évolué. De « copiste », je suis devenu créateur. Aujourd'hui, mon travail relève plus de l'inspiration que de la reproduction de l'œuvre de quelqu'un d'autre.

Entamer un nouvel instrument, c'est se mettre au service d'un musicien. Que faire pour lui offrir un clavecin suffisamment inspirant pour qu'il puisse exprimer au mieux sa musique, sa sensibilité ? C'est très exigeant mais cela me rend heureux. Difficile de savoir quand un instrument est vraiment réussi. Il y a bien sûr les critères communément admis : la clarté, la richesse du son, le côté brillant ou profond… Mais quel bonheur de découvrir le sourire du musicien au clavier. Ses doigts courent sur les touches, ils ne veulent plus s'arrêter, ils ne peuvent plus s'arrêter. Tout ce temps passé à peaufiner chaque détail de l'instrument est enfin révélé lorsque l'instrument sonne. Une partie de moi est confiée entre les mains du musicien. C'est enthousiasmant.

Enseignant de formation, je sais combien s'approprier de nouveaux savoirs est valorisant et gratifiant. Je sais aussi que transmettre ce qu'on a appris rend heureux. C'est à cela que je me destinais. Le temps est venu pour moi de partager toutes ces connaissances acquises au long de tant d'années d'essais et de recherches. Il ne faut pas que cela se perde, je voulais que d'autres en profitent. Avec l'aide de la Province de Liège et de son service des Métiers d'art, une formation de facteur de clavecins a vu le jour. A l'instar des grands ateliers d'autrefois, semaine après semaine, trois stagiaires viennent apprendre à choisir les bois, découvrir comment cintrer des planches et tous ces « secrets » qui font chanter l'instrument.

A chacun de découvrir sa passion et de la transmettre… "

Renzo Salvador – Luthier baroque

" D'abord il y a la musique, une passion fulgurante pour la guitare classique et, très vite, la découverte des œuvres pour le luth. Vient ensuite la fascination pour toute la musique ancienne mais plus particulièrement pour le répertoire du XVIème siècle.

Je pars donc, à ce moment à la recherche d'un luth pour jouer la musique de la renaissance.

C'est lors d'une rencontre avec François Bodart, jeune luthier spécialisé dans les instruments anciens que nait mon intérêt pour la lutherie.

Après un an d'une attente insupportable, je reçois de ses mains un instrument superbe… enfin… un moment inoubliable.

J'aurais aimé qu'il me fasse une guitare classique de la même qualité pour terminer en beauté l'académie mais ce n'était malheureusement pas dans ses cordes.

Alors, conscient de ma passion naissante pour son métier il prononce une phrase qui aura pour moi une singulière importance : « Et si tu essayais d'en faire une toi-même ? »

Je l'ai faite dans les mois qui ont suivis, c'était il y a quarante ans et beaucoup d'autres guitares ont suivi.

Après quelques années, je me suis penché sur toute une famille d'instruments à cordes pincées de la fin du XVème siècle à nos jours, luths, guitares baroques, guitares romantiques, théorbes, harpes anciennes… et bien d'autres.

Aujourd'hui, je ne joue plus de luth ni de guitare. Je peux encore jouer l'une ou l'autre pièce, mais mes mains sont abîmées par le travail manuel. Par contre, je fais sonner mes instruments ; je m'applique, corde par corde, position par position, pour trouver « le » son avec cette conviction presque blessante que ce sera encore mieux la prochaine fois.

Fabriquer des instruments, c'est ma manière à moi de faire de la musique, s'il n'y a pas de rapport avec la musique, ce métier ne m'intéresse pas!

Depuis de nombreuses années mon atelier est ouvert tous les samedis à de jeunes passionnés désireux de découvrir le métier. Jouer d'un instrument qu'on a construit de ses propres mains est une expérience qu'on n'oublie pas.

Depuis deux ans, c'est avec la complicité de la Province de Liège et dans le cadre de son très beau projet CEC que je partage avec les élèves mes humbles connaissances et mon savoir-faire."

Découvrez le CATALOGUE DE L'EXPO !

INFOS PRATIQUES :

Maison des Métiers d'Art, 7 rue des Croisiers à 4000 Liège

Du lundi au vendredi de 12h à 18h | Le samedi de 10h à 16h | Fermé les jours fériés

Entrée libre

Envie d'en savoir plus ? Contactez-nous !

04 279 53 54 | 04 279 53 04 | metiersdart@provincedeliege.be