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Le sauvetage en milieu périlleux, une mission exigeante des sapeurs-pompiers
partager sur Google+ partager sur Twitter partager sur Facebook   Publié le 19-10-2021

Intervenir en milieu naturel ou urbain dans certaines situations où la hauteur, la profondeur ou encore l’accessibilité sont des obstacles au sauvetage est la mission des intervenants du GRIMP.

Les spécialistes du GRIMP, le Groupe de Reconnaissance et d'Intervention en Milieu périlleux, entrent en action dès que les moyens des sapeurs-pompiers sont insuffisants ou inadaptés à la situation.

« Les sauveteurs qui sont intervenus pour récupérer les plongeurs emportés par le courant lors d'un sauvetage à Trooz, lors des inondations de juillet font partie du GRIMP de la zone VHP » explique Adrien DESTREBECQ, Conseiller technique GRIMP et Coordinateur de la formation GRIMP à l'Ecole du Feu de la Province de Liège. « Leur bateau a chaviré lors d'une opération de sauvetage et nous avons dû les évacuer grâce à une procédure d'extraction par cordes : une tyrolienne » ajoute Grégory Mélotte, sapeur-pompier et chef d'équipe GRIMP pour la zone de secours Warche-Amblève-Lienne.

Quand le temps compte

L'évacuation de blessés, malades, … est une mission récurrente pour ces spécialistes. Cette mission GRIMP est mise en place dans plusieurs cas de figure, lorsque des obstacles empêchent le déploiement des moyens traditionnels des sapeurs-pompiers : escalier trop étroit pour évacuer un blessé qui doit être maintenu en position horizontale, voie de circulation trop étroite pour permettre le déploiement d'une grande échelle, fils électriques qui en entravent aussi l'ouverture, … « Lorsqu'il s'agit d'une évacuation lors de laquelle le blessé inconscient est sanglé et évacué sans civière, verticalement, nous avons 15 minutes. Au-delà, la circulation sanguine diminue et peut mettre en péril la survie de la personne évacuée » précise Adrien DESTREBECQ.

Mener à bien ces missions exige des intervenants une préparation physique et technique particulièrement exigeante. Les candidats à cette spécialité doivent être membres d'un service public de secours (sapeur-pompier) et répondre aux exigences physiques liées à la fonction.

En province de Liège, le centre de formation a été créé en 1998 par Maurice LEVAUX, qui s'est formé à la spécialisation en France, où le concept était déjà bien établi et validé, et a été intégré à l'Ecole du Feu de la Province de Liège sur base du constat que de plus en plus d'interventions exigeaient du matériel et des compétences spécifiques.

Au-delà des limites géographiques de la province de Liège, « les zones de secours des autres provinces belges font aussi appel à nous pour former leurs spécialistes. Nous sommes devenus les référents reconnus par le SPF Intérieur en ce qui concerne la formation à la sécurité liée aux interventions et au travail en hauteur » ajoute Adrien DESTREBECQ. « Le GRIMP a apporté des principes de sécurité à l'ensemble des sapeurs-pompiers dans leurs missions quotidiennes. Nos techniques de procédure sont reconnues ». Aujourd'hui, « il est acquis, par exemple, qu'il faut être attaché pour toute intervention à plus de 2 mètres du sol avec risque de chute ou à moins de 2 mètres si un risque est avéré après l'analyse de risques » ajoute-t-il.

3 niveaux de formation

Le 1er niveau de formation consiste en une sensibilisation à la reconnaissance et l'intervention en milieu périlleux. Concrètement, « il s'agit d'initier des apprenants au parcours sur cordes. 12 techniciens de la DIV (Division d'Identification des Victimes) ont notamment suivi cette formation, ouverte aux acteurs de terrain susceptibles de devoir évoluer sur cordes en cas de nécessité, comme des infirmiers, médecins, … mais qui doivent être sapeurs-pompiers et secouristes ».

Le 2ème niveau de formation, qui permet d'obtenir le titre d'«équipier spécialisé en sauvetage en milieu périlleux », s'adresse aux sapeurs-pompiers qui souhaitent compléter leur panel de compétences et intégrer une équipe GRIMP. Après une sélection basée sur des tests physiques, la formation, d'une durée de 120 heures, apporte les compétences techniques nécessaires en nœuds, agrès textiles (cordes, sangles, …), agrès métalliques (connecteurs, poulies, freins, …), étudie les risques liés aux chutes et perfectionne les déplacements sur cordes.

Dans cette formation, le choix du type de civière (compacte, rigide, glissante, …) choisie pour l'évacuation est aussi étudié, puisqu'elle est choisie en fonction des conditions topographiques de sauvetage, de la morphologie et de la pathologie de la victime ou encore du dispositif médical mis en place avant l'évacuation. « Nous constatons que nos interventions concernent de plus en plus des personnes lourdes » ajoute Léon DELHEZ, sapeur-pompier et chef d'équipe GRIMP de la zone Vesdre-Hoëgne-Plateau.

A l'issue de la formation, les candidats doivent pouvoir remplir toutes les fonctions d'exécution déterminées par le chef d'équipe aux cours de manœuvres. En 20 ans, plus de 500 sapeurs-pompiers ont ainsi été formés au niveau d'équipier spécialisé en sauvetage en milieu périlleux.

Une nouvelle session de formation vient d'avoir lieu à Aywaille pour 10 sapeurs-pompiers issus de plusieurs zones de secours. Le centre de formation d'Aywaille permet de se former aux différentes techniques grâce à son équipement intérieur et extérieur. « Une tour d'échafaudages permet des exercices grandeur nature ». Non loin de là, à Sy, des parois rocheuses permettent des exercices d'évacuation horizontale et verticale. Cette région est riche en carrières, roches et structures hautes et cet espace de formation dédié « permet d'établir des scénarios de formation dans un site sécurisé, adapté aux différentes manœuvres ».

Le niveau 3 s'adresse aux spécialistes GRIMP qui souhaitent devenir chef d'équipe. « Cette formation de 80 heures est organisée une fois par an pour 12 candidats. Elle permet au porteur du titre d'élaborer une tactique opérationnelle, de maitriser les techniques de sauvetage, de diriger l'équipe GRIMP et d'animer les formations, les entraînements et les tests annuels ».

Une équipe GRIMP est composée au minimum d'un chef d'équipe et de 4 équipiers pour assurer la manœuvre et la sécurité de chacun. « De nombreux critères permettent d'établir un dispositif efficace et sécurisé ».

Une motivation sans faille

Pour conserver tous leurs acquis et être prêts à intervenir, les membres GRIMP s'entrainent chaque mois. « Certaines années, nous avons plus de temps d'entrainement que d'intervention » ajoute Léon DELHEZ, « mais c'est ce qui nous permet d'être prêts pour toute demande d'intervention ». Cette année, « nous sommes intervenus 15 fois dans notre zone ». Pour Grégory MELOTTE, « la motivation est essentielle. Le GRIMP est une spécialité que je tenais à amener dans ma zone et j'aspirais aussi à pouvoir former des collègues ».

Aujourd'hui, 5 zones de secours de la province de Liège ont leur équipe GRIMP, ce qui fait 80 spécialistes aguerris prêts à intervenir, même en dehors de leurs gardes de sapeurs-pompiers.

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