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Interview de Cédric Swennen, Directeur général de la SPI:

Interview de Cédric Swennen, Directeur général de la SPI: "anticiper, imaginer, concrétiser"
partager sur Google+ partager sur Facebook   Publié le 26-06-2019

Progressivement le site du Val Benoît connaît une nouvelle destinée. L’occasion de faire le point sur le rôle essentiel que joue la SPI avec son Directeur général

C'est au début de cette année que Cédric Swennen est devenu le nouveau Directeur général de la SPI. Dans cette interview donnée à votre magazine 'Notre Province", il insiste sur l'évolution du rôle de la SPI en tant qu'acteur du développement: « Notre vocation est d'anticiper. Notre volonté est d'imaginer des solutions et de les concrétiser».

Quelle est votre définition de la SPI ?

La SPI est un outil qui a été choisi par la Province et les 84 communes pour être le levier du développement et de la reconversion du territoire. Les pouvoirs publics considèrent qu'il faut fournir des éléments pointus pour répondre aux enjeux. Parmi ceux-ci, il y a la reconversion des friches. Cela me passionne car c'est en lien avec mon métier de départ d'ingénieur en aménagement du territoire. On doit constamment répéter un message sur l'évolution de la SPI. Aujourd'hui, notre métier s'articule autour de 4 axes.

Tout d'abord, dans l'animation des acteurs sur le territoire, il s'agit de favoriser des synergies. Ensuite, c'est à l'échelle d'une intercommunale comme la nôtre que l'on peut constituer des bases de données avec l'expertise de nos analystes. Cela constitue une aide dans la prise de décisions des entreprises. Notre troisième axe est lié à l'immobilier comme l'accueil des entreprises où nous veillons à la mixité des fonctions. C'est très différent par rapport au passé. Enfin, il y a la notion de service. Aujourd'hui, pour accompagner une entreprise dans son développement, il n'y a pas que le choix de l'implantation mais aussi les services à apporter à l'entreprise ainsi qu'à son personnel. Aujourd'hui, la plupart des projets dépassent le simple territoire d'une commune.

Quelle expertise la SPI peut-elle fournir ?

Lorsque que l'on développe un parc d'activités comme l'East Belgium Park, l'implantation concerne les communes de Baelen, Eupen, Lontzen et Welkenraedt. On explique aux communes qu'elles doivent s'associer afin de porter un projet d'ampleur. L'East Belgium Park rencontre un énorme succès. Cela répond à une demande du côté germanophone et, en plus, nous avons mis en œuvre des innovations qui n'existaient nulle part ailleurs en Wallonie comme l'emphytéose ou encore la gestion de copropriété pour les espaces verts. Notre approche est de s'inscrire dans une logique de projets. Notre vocation est d'anticiper. Notre volonté est d'imaginer des solutions et de les concrétiser.

Le nouveau Val Benoît arrive progressivement à son terme, quel est le prochain challenge ?

On peut citer l'ancienne aciérie de Chertal. Sa « mise sous cocon » étant terminée, cela permettra d'activer la reconversion de ce site de 200 hectares. « La Foncière Liégeoise » a été constituée à 50% par Arcelor-Mittal (propriétaire du site) et à 50% par la Wallonie. L'objectif est donc la réhabilitation de cette zone sur la commune d'Oupeye mais pas uniquement. Vraiment, on a l'occasion, à l'échelle de la province, d'avoir un projet qui fasse sens avec des modèles comme le développement axé sur la logistique à Liège Airport, comme le Trilogiport, le positionnement d'une gare TGV ou le Val Benoît en montrant comment reconvertir un quartier au départ de l'économie. A Chertal, la réflexion pourrait porter sur la multifonctionnalité. Il y a un réel potentiel.

Quel type de reconversion pour Chertal ?

Selon un premier schéma de reconversion, les pistes envisagées passent par la mixité de fonctions. Chertal doit pouvoir se positionner comme un projet qui rayonne au-delà de la Province de Liège. On doit pouvoir y trouver de la valeur ajoutée en attirant de l'extérieur des investisseurs, des logements, des fonctions manquantes sur le territoire comme au niveau culturel ou des loisirs.

La multifonctionnalité, c'est mettre ensemble dans une même dynamique une fonction va renforcer l'autre. C'est que l'on voit au Val Benoît où la fonction logement renforce la fonction économique parce qu'elle permet d'avoir quelque chose qui vit 24h sur 24h, 7 jours sur 7. En ce sens, la fonction logement vient donc aider la fonction économique.

Historiquement Liège a reçu, via la Région wallonne, le titre de capitale économique. Est-elle vraiment devenue un centre de décision ?

Pour moi, elle joue ce rôle…Cela se confirme et les forces vives de Liège agissent pour ce développement. On voit que Liège sur les 10 à 15 dernières années a réussi les enjeux qui l'attendait à l'époque.

En 2004, une étude de prospective territoriale avait été menée par un groupe d'hommes et de femmes issus de tous les horizons de la vie économique, culturelle, politique, sociale. Avec l'appui de la SPI et l'appui méthodologique du groupe français Futuribles, la réflexion portait sur les « futurs possibles de la province de Liège ». Son nom: LIEGE 2020.

Il y avait une analyse sur les secteurs sur lesquels il fallait se concentrer comme la logistique, la culture, les biotechnologies et le numérique. Aujourd'hui, Liège connaît de succès par rapport à ces domaines.

Une des forces de l'étude expliquait comment les acteurs devaient se mettre en mouvement pour aller dans les meilleurs scénarios possibles. On est dans les scénarios positifs donc cela signifie que les acteurs ont réussi à se concentrer ensemble sur les 4 thématiques et à faire en sorte de fédérer leurs efforts et leurs énergies. C'est une ressource qui existe à Liège et qui fait qu'elle est donc légitime dans le rôle de capitale économique.

La formation reste-t-elle une problématique ?

Il s'agit plutôt d'un constat wallon qui est tiré qu'une partie des personnes sans emploi sont déconnectées des circuits de formation ou d'encadrement.

Aujourd'hui, c'est aussi essentiel de trouver des encadrements pour voir sa carrière professionnelle évoluée. C'est le rôle de la formation continue qui devient l'un des facteurs de compétitivité de nos entreprises. Pour conserver des talents, on a besoin de continuer à les former en offrant des parcours de formation de qualité.

C'est donc aussi l'un des enjeux de la « Centrale des Métiers » au Val Benoît. Elle devra contribuer à renforcer les synergies entre les acteurs qui peuvent accompagner des demandeurs d'emploi mais aussi des personnes en recherche d'évolution de leur carrière.

Val Benoît est-il un exemple à suivre ?

On est sur un quartier qui sera exemplaire dans la façon de pouvoir permettent à des entreprises de s'installer et de grandir. Les solutions que nous offrons en matière d'installation sont très flexibles aussi bien pour une PME que vers une entreprise qui fait 150 personnes. Nous devons proposer des réponses adaptées aux demandes.

Cela passe par des services simples pour leur personnel comme l'horeca, l'achat/la réception de produits, services de repassage, etc… Veiller à fournir des infos permettant leur croissance. Comme déjà explicité proposer des formations quant à l'évolution de leur personnel par la Centrale des Métiers.

Nous avons dû répondre enjeux de mobilité (site sur le tracé du futur tram) et d'énergie (bâtiments peu énergivore). Ici, avec de multiples partenaires (la Province et la Ville de Liège, l'ULiège, le Forem, la Wallonie, la Sogepa), nous avons écrit une nouvelle page de ce site emblématique.


Cet article est tiré du numéro 86 du trimestriel "Notre Province". Retrouvez l'ensemble des autres articles ici.

Cédric Swennen, Directeur général de la SPI
Progressivement le site du Val Benoît connaît une nouvelle vie