Métiers de la sécurité et de l’urgence

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Formation PTSD

Former les ambulanciers à la gestion des émotions
partager sur Google+ partager sur Twitter partager sur Facebook   Publié le 25-05-2021

Lors de certaines interventions, les ambulanciers sont soumis à de fortes émotions.

Pour les aider à déceler et à gérer ces émotions, l'Ecole provinciale d'aide médicale urgente (EPAMU) organise une formation spécifique « Gestion des interventions émotionnellement difficiles ». 

Aussi appelée PTSD (Post-traumatic stress disorder), cette formation de 4 heures est organisée par l'EPAMU depuis 2017, à la demande du SPF Santé publique.

Les attentats de Bruxelles de 2016 ont en effet révélé l'importance de la sensibilisation et du suivi des intervenants de 1ère ligne aux conséquences du stress lors d'évènements traumatisants. 

« Initialement proposée dans le cadre de la formation permanente complémentaire, cette formation est depuis 2019  intégrée dans la formation de base des secouristes-ambulanciers afin qu'ils soient tous formés à cette thématique » explique Audrey VANDERWEEGH, employée d'administration à l'EPAMU, qui ajoute que « cette formation entre dans les 24 heures de recyclage annuel du secouriste–ambulancier, et plus précisément dans les 6 heures de formation permanente complémentaire, dont le thème est au choix de l'apprenant ». 

Lors de chaque session de formation, les 12 participants se répartissent en 3 groupes afin d'échanger sur leurs expériences. A l'issue de ce moment d'échange, les éléments communs sont mis en évidence ainsi que les actions de prise en charge mises en place ou non. 

« La confrontation à une mort violente, à la présence d'enfants, à un nombre important de victimes, sont quelques-uns des éléments récurrents qui entraînent des émotions fortes qui peuvent être difficiles à gérer » explique Pauline PRAILLET, formatrice du Service API (Appui psychologique aux intervenants). 

Le constat de ces points communs permet alors de considérer l'évènement comme potentiellement choquant et de placer l'intervenant sous le statut de « victime tertiaire », c'est-à-dire indirectement touchée par l'événement mais bel et bien impliquée. Cette identification « entraîne alors la reconnaissance d'attentes et de besoins » ajoute-t-elle. 

Prévenir et guérir. 

Les réactions à court, moyen et long terme sont également analysées et permettent aux intervenants de prendre conscience de la normalité ou pas de celles-ci et donc d'agir, si nécessaire, pour évacuer les manifestations du stress post-traumatique et rétablir l'équilibre physique et/ou mental. 

Enfin, des conseils de prévention sont proposés, tant à titre personnel que par rapport aux collègues. « Une bonne connaissance de soi, une bonne hygiène de vie, l'importance du dialogue, … sont quelques-uns des éléments qui permettent une meilleure gestion du stress » ajoute Pauline PRAILLET.