HEPL - Haute Ecole de la Province de Liège

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"L'humain dans l'économie nouvelle": compte-rendu de la conférence du 26 janvier

Quelle est la place de l'humain dans l'économie nouvelle? Existe-t-il des transversalités sur les plans économique et social? Autant de questions soulevées par les 4 orateurs invités par la HEPL.

Economie nouvelle : mythe ou réalité ?

Chez Plug-R (Pierre Castelain), la mise en relation et le croisement des compétences sont primordiales pour développer une économie durable. Ce hub économique ("cylindre" ou "point de connexion") établit des connexions entre des acteurs de différents domaines avec comme objectifs de réussite l'émergence de la créativité et l'innovation, deux faces d'une même pièce à ne pas confondre. Un but compliqué sans l'application de valeurs telles que l'informel, la co-création, la construction d'une communauté, le droit à l'échec ou encore la flexibilité.

Plug-R, en tant que connecteur, favorise aussi la sérendipité. La quoi ? L'émergence de nouveautés par le hasard. Comme le dit Pasteur, le hasard ne favorise que les esprits préparés. Véritable pédagogue de la créativité qui chapeaute 25 partenaires, le hub tente de proposer un précieux gain de temps et d'argent aux différents porteurs de projets. Favorisant les rencontres improbables, abattant les cloisons, Plug-R s'inscrit dans la transformation du tissu socio-économique liégeois.

Economie de la fonctionnalité

Nathalie Tramonte (HEPL) plaide pour l'élaboration de nouveaux business models car l'économie classique (exploiter-consommer-jeter) est dépassée. Pourquoi ? A cause de l'épuisement des ressources naturelles, comme le sable par exemple. Le temps aussi se raréfie.

La solution ? Privilégier l'utilité à la place de la propriété. Au lieu d'acquérir un bien, on achète l'usage qu'il nous rend : tel est le principe de l'économie de la fonctionnalité. Plus d'obsolescence programmée, des services mieux adaptés, une performance environnementale accrue, du "cradle to cradle", autant d'avantages que permet ce nouveau modèle circulaire où chacun a un rôle à jouer.

Mais le chemin reste long. Il faut accélérer la créativité et l'innovation et, surtout, apprendre la dépossession. Une nouvelle mentalité à adopter en vue de créer de la valeur dans un monde où les ressources sont de plus en plus restreintes.

Economie nouvelle et justice réparatrice

Comment croître qualitativement et décroître quantitativement ? Telle est la question que se pose Bernard Castelain (HEPL). Relier les humains est une nécessité mais le droit, par sa quantité, tue l'idée de justice. Elle est devenue un modèle virtuel plutôt que réel. La décroissance n'est possible qu'avec la croissance des valeurs sociales, ce que néglige la judiciarisation des conflits.

Que faire ? De la médiation. Ce processus favorise la rencontre, répare un préjudice et accomplit une transformation tant structurelle qu'individuelle. On emploie un autre langage, on regarde les autres différemment, on prend en considération les besoins de tous. La médiation engendre des accords pérennes, elle renoue le lien social entre les parties. Pourquoi ne pas mettre en place des start-up allant dans ce sens ?

Economie sociale

Mélanie Lefèvre (KCE - Centre Fédéral d'Expertise des Soins de Santé) distingue trois secteurs économiques : le privé (capitalistique), le public (intérêt général) et le social (humain). Ce dernier relève, comme son nom l'indique, de l'économie sociale. La finalité n'est pas le profit mais bien la rémunération d'autres personnes que l'investisseur : les gens priment sur le capital et peu importe les ressources de l'organisation (marchandes, mixtes ou non-marchandes).

Pour bénéficier du statut d'entreprise sociale, il est nécessaire d'appartenir au secteur privé, d'avoir une autonomie de gestion et de proposer une liberté d'adhésion. Le service doit être continu, la prise de risque économique palpable et la rémunération d'un employé nécessaire. Ces organisations fonctionnent sur le principe de la démocratie économique (une personne = une voix) et subissent une contrainte quant à la distribution du profit.

Mais qu'entend-on exactement par entreprise sociale ? Des coopératives, des mutualités ou des associations, ces dernières représentant la majeure partie de ce secteur économique. Bref, on retrouve dans ces organisations des gens qui innovent dans le processus de production mais dont la finalité est, par essence, sociale (comme la santé, par exemple).

Source : http://www.plug-r.be/conference-hepl-la-place-de-lhumain-dans-leconomie-nouvelle-2601

Cette conférence faisait partie de la nouvelle édition du cycle de formation continue de la Catégorie économique de la HEPL